Regard d’auteur

Nous sommes allés à la rencontre de Thibaut Bissuel, photographe professionnel et fondateur de Regard d’auteur, qui nous livre son savoir-faire sans langue de bois ! Il vous explique tout en détail, alors si vous avez envie de faire partie d’une communauté avec un label collaboratif, vous pouvez vous pencher sur la question et envisager de les rejoindre.

Regard d’auteur, un label photo pour les photographes de mariages & portraits ?

En France, les client sont très attentifs aux labels de qualité, aux mentions, aux appellations et autres distinctions concernant un service ou un produit : ils garantissent bien souvent le respect d’un cahier des charges dans le processus de fabrication (comme le label rouge, les Appellations d’Origine Contrôlée ou encore le label AB pour Agriculture Biologique). Lancé en avril 2017, le label photo collaboratif Regard d’auteur (ou plutôt marque de qualité, puisque le mot label est sujet à agrément officiel de l’état français) fête ses deux ans d’existence avec déjà plus de 550 photographes de mariage inscrits et 150 professionnels sélectionnés, présentés sur le carnet d’adresses entièrement digital du même nom. Le site web ouvrira également à partir de Juillet prochain aux clients à la recherche d’une séance photo de grossesse, de naissance, de famille ou encore d’un portrait adulte ! L’occasion pour tous les photographes professionnels de portrait de s’offrir une visibilité supplémentaire, basée non plus sur la recherche d’une prestation à bas prix mais plutôt sur l’exigence d’un style singulier, d’une qualité de prestation, de photos créatives.

Finalement, ce label photo est-il bien collaboratif ? Quels sont les critères permettant d’assurer le professionnalisme et la qualité des prestations, incluant le rendu final en images ? Qui sélectionne et contrôle la qualité fournie par les photographes prestataires pour assurer la satisfaction des clients ?

L’origine du label photo,  parcours et influences en photographie :

L’idée de créer un label photo est née en 2015, après 5 années d’études en photographie (en BTS photo à Roubaix puis à l’ENS Louis Lumière à Paris jusqu’au Master), les débuts dans le monde photo pro m’ont paru difficiles. En effet, il ne suffit pas de maîtriser la technique photo (cadrage, composition, lumière, direction de modèle, etc), il faut surtout savoir se vendre, c’est à dire maîtriser les outils de communication et de commercialisation pour toucher sa clientèle-cible. En un mot : être un photographe-entrepreneur ! La fin de mes études m’a offert la chance de partir au Québec pour y réaliser un mémoire de recherche sur « la photographie de mariage et les nouveaux médias » en 2013.

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Crédit photo : Wiliam Lambelet.

Comment faire face à l’évolution rapide et constante des moyens de communication, à la démocratisation des appareils photo numériques de haute qualité, aujourd’hui embarqués dans un simple smartphone ?

J’ai recueilli les précieux conseils de Sébastien Arbour, spécialiste de la photo de mariage québécois et de nombreux autres photographes qui vivaient de ce métier, en France et outre- atlantique. Mais une question subsistait : avec l’essor de la photo numérique et l’arrivée de nombreux nouveaux professionnels en reconversion (grâce au statut d’Auto-Entrepreneur lancé en 2009 par le gouvernement Sarkozy), quel serait l’avenir de notre métier ? L’idée commençait alors à germer dans ma tête : il fallait créer un label en photo, ou faute de validation par un organisme public national, une mention permettant aux clients de différencier un photographe professionnel (dans sa démarche, son expérience et la qualité de son travail) d’un photographe occasionnel, non déclaré et n’ayant pas la rigueur ni l’exigence que requiert un agrément de qualité.

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Crédit photo : Jacques Mateos.

La charte de qualité :

Un label photo collaboratif (photographes sélectionnés) La communauté des photographes professionnels de mariage étant bien soudée, il n’était pas question pour moi de lancer une quelconque appellation ou marque commerciale sans consulter les acteurs de notre beau métier : je voulais ce label photo collaboratif et j’ai interrogé un panel de près de 100 photographes spécialisés en reportage de mariage, tous très expérimentés, pour débattre des critères qui constitueraient la base de notre charge de qualité. Plusieurs photographes professionnels ont soutenu le projet dès le départ et participé activement à l’élaboration du cahier des charges, comme William Lambelet (Montpellier), Jacques Mateos (Paris), Thibault Chappe (Aix en Provence), le duo Gardères et Dohmen (Pau) ou encore Benjamin Brette (premier photographe étoilé sur notre carnet d’adresses, la mention spéciale récompensant la haute qualité du travail fourni)

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Crédit photo : Thibaut Chappe.

Après plusieurs semaines d’échanges naissait la charte de qualité Regard d’auteur et le label photo qui me permet aujourd’hui de « faire le tri » et d’accepter (ou non) l’entrée d’un nouveau photographe sur notre carnet d’adresses. C’est un moyen d’étude et d’évaluation technique sur lequel je m’appuie pour analyser les candidatures de façon objective et assurer un niveau de qualité constant grâce à une sélection cohérente. Les photographes sélectionnés peuvent ensuite présenter leur dossier au jury (pour le mariage, 3 reportages de 50 photos représentatives du jour J, déposées directement en ligne) et obtenir le label photo après délibération (la notation avec 15 notes et les appréciations rédigées par chaque évaluateur pour aider le photographe à progresser).

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Crédit photo : Benjamin Brette

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Crédit photo : Martin Morel

Si le professionnel, suite à l’audit de son dossier, ne valide pas l’ensemble des pré-requis à son inscription (s’il n’est par exemple pas couvert par une assurance RC PRO ou qu’il n’a pas suffisamment d’expérience en nombre de photo-reportages de mariage réalisés), il peut toutefois apparaitre en ligne avec des mentions le précisant au client. Je considère que les futurs mariés sont libres d’engager le photographe professionnel qui leur convient, à condition d’avoir été clairement informés de ce à quoi ils s’engagent en terme de prestation. Certains critères sont obligatoires et peuvent provoquer un refus d’inscription de notre part (par exemple être déclaré photographe professionnel et posséder un numéro SIRET, montrer un portfolio de qualité professionnelle tant sur le plan technique que sur l’approche créative ou encore présenter un site web fonctionnel et à jour à ses prospects). L’indépendance de notre certification et de notre classement des photographes professionnels, tout comme l’éthique et l’impartialité réglementaire qui assurent de ne pas mettre en avant sans le justifier un prestataire plutôt qu’un autre sont des valeurs essentielles à nos yeux. L’ensemble de ce dispositif de contrôle est mis en place dans le seul but d’informer le client final sur la prestation qu’il achète et de le conseiller pour l’accompagner vers le choix du photographe qui correspond le plus à ses attentes.

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Crédit photo : Garderes et Dolmen.

Label et carnet d’adresses : 

Une recherche disponible par style de photo Une fois cette courte mais essentielle partie administrative achevée, le photographe peut créer et compléter sa fiche en ligne en présentant notamment ses photos, ses prestations, son approche ou encore le support d’images qu’il préfère. Ces informations renseignées, le client peut rechercher un photographe par style d’images via notre outil de recherche (plutôt que d’utiliser uniquement les critères géographiques ou de prix). Le but : choisir un photographe pour son travail photographique, pour sa créativité, pour sa vision de la photo (mariage ou portrait). Il n’a bien sûr pas à se préoccuper de la partie plus sérieuse concernant le label photo, il peut choisir son prestataire les yeux fermés (nous avons déjà effectué les contrôles et analyse de satisfaction client nécessaires). La présentation de notre outil reste visuelle (centrée sur l’image) puisque le client potentiel ne sait pas toujours bien définir quelle image est d’un style Moody, Fine Art ou encore Documentaire (pour ne citer qu’eux) ; il saura par contre très bien choisir les photos qui lui plaisent le plus si on les lui présente ! Il ne lui reste plus qu’à entrer en contact avec les photographes professionnels de son choix pour obtenir plus d’informations et envisager un rendez-vous !

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Crédit photo : Frédéric Trin

Chez Regard d’auteur, aucun client final (futur parent, futur mariés ou parents) ne paie : 

C’est le photographe qui assume le coût de sa visibilité en ligne, via un abonnement annuel. L’entrée sur notre carnet d’adresses est possible à partir de 249 euros HT par année, les photographes pro qui valident l’ensemble des critères du label photo sont bien sûr mis en avant par rapport aux autres (qui manquent d’expérience ou ne seraient pas assurés par exemple).

Après le label photo : 

Les projets Suite au développement de l’ensemble de la structure web (le carnet d’adresses d’une part, mais aussi les formations, les concours et le blog), nous sommes maintenant prêts pour accueillir sur www.regardauteur.com les photographes de portrait : de la séance photo de grossesse au portrait corporate, en passant par les shoppings famille, naissance ou les portraits individuels, chaque client à la recherche d’un photographe pro doit pouvoir trouver sur notre site web un prestataire « labellisé » via notre marque commerciale. Nous nous concentrons sur l’ouverture et le développement de la plateforme pour toutes les formes de portrait en 2019.

Et après ?

Je ne manque pas d’idées ni d’ambition et je partage régulièrement avec des collègues de nouvelles optimisations à effectuer et de nouvelles idées de communication. Je rêve par exemple de créer une grande exposition en plein air en France, qui réunirait les plus belles images des meilleurs photographes artisans du monde. Ce qui me plait dans la marque Regard d’auteur, c’est qu’elle est non seulement éthique et à 100% en ligne avec mes valeurs, mais aussi une combinaison gagnant-gagnant : les photographes investissent chez nous de l’argent pour un service qu’ils ne pourraient pas réaliser eux-mêmes (par manque de temps, de connaissances, de moyens techniques) et nous leur permettront chaque jour d’évoluer, de performer, d’obtenir de nouveaux clients, de vivre à fond leur métier, leur passion, leur amour de la photo. Avec l’investissement financier collectif, nous pouvons créer des outils de communication solides et faire connaitre la qualité et la créativité de la photographie artisanale française !

Je vous dis à bientôt sur notre carnet d’adresses, ou peut être sur une de nos formations ? 🙂

Thibaut BISSUEL

http://regardauteur.com